Starlink a décidé d'abaisser l'orbite de milliers de ses satellites pour la sécurité spatiale

Jan 2, 2026

L'espace proche de la Terre devient de plus en plus encombré et SpaceX semble bien décidé à prendre les devants pour éviter que cette congestion ne se transforme en chaos. Michael Nicolls, son vice-président de l'ingénierie, a révélé que l'entreprise s'apprête à effectuer une manœuvre orbitale massive. Cette opération concerne environ 4 400 satellites, soit une part substantielle de la constellation actuelle. L'objectif est d'abaisser leur altitude de croisière pour renforcer la sécurité globale en orbite basse.

C'est le père Noël qui fait des essais avec son traîneau !" Le retour des  satellites de Starlink dans le ciel fait réagirConcrètement, cette importante reconfiguration, comme la décrit l'intéressé dans un message publié sur la plateforme X, implique le déplacement de tous les satellites orbitant actuellement autour de 550 kilomètres d'altitude vers une orbite plus basse, située aux alentours de 480 kilomètres. Cette décision ne relève pas d'un simple ajustement technique, mais répond à une stratégie de gestion des risques à long terme. En plaçant ses appareils dans une région orbitale moins fréquentée, SpaceX espère non seulement réduire les risques de collisions accidentelles, mais aussi faciliter grandement le processus de désorbitation en cas de dysfonctionnement technique.

L'une des motivations principales derrière ce changement d'altitude est liée à la physique solaire et à ses conséquences sur l'atmosphère terrestre. Nicolls a mis en avant l'approche du prochain "minimum solaire", une période calme dans le cycle d'environ onze ans de notre étoile, prévue pour le début des années 2030. Durant ces phases de faible activité solaire, l'atmosphère terrestre se contracte légèrement, ce qui réduit sa densité aux altitudes orbitales. Cette baisse de densité a un effet direct sur les objets en orbite. Elle diminue la traînée atmosphérique, cette force de frottement qui ralentit les satellites et les fait naturellement retomber vers la Terre. Il explique que si ces derniers restaient à 550 kilomètres durant le minimum solaire, le temps nécessaire à leur retombée naturelle (en cas de panne de propulsion) augmenterait considérablement. En les descendant à 480 kilomètres, là où l'atmosphère reste un peu plus dense, l'entreprise s'assure que la désorbitation passive reste rapide. Selon les calculs partagés, cet abaissement permettra une réduction de plus de 80% du temps de décroissance balistique au cours de cette période. Au lieu de rester en orbite comme des débris potentiels pendant plus de quatre ans, un satellite inerte ne mettrait plus que quelques mois à se consumer dans l'atmosphère.

Cette initiative proactive intervient dans un contexte opérationnel particulier pour SpaceX. L'annonce survient quelques semaines seulement après que l'entreprise a reconnu qu'un de ses satellites avait subi une anomalie, entraînant sa perte de contrôle et la création de débris spatiaux. Cet incident a rappelé la fragilité de l'environnement orbital et la nécessité de systèmes de sécurité passifs robustes, comme la traînée atmosphérique naturelle. De plus, la gestion du trafic spatial est compliquée par le manque de communication entre les différents acteurs du secteur. Michael Nicolls a fait référence à un incident récent impliquant un lot de satellites lancés depuis la Chine. Selon lui, ces lancements ont été effectués sans tentative apparente de coordination avec les opérateurs déjà présents dans la zone, créant des situations de rapprochement dangereux. En abaissant l'orbite de la constellation Starlink, SpaceX cherche donc à s'éloigner de cette zone de 550 kilomètres devenue critique et imprévisible. C'est un pari sur la durabilité: sacrifier un peu d'altitude pour garantir que l'orbite basse reste praticable pour les dizaines d'années à venir.

Source: https://x.com/michaelnicollsx/status/2006790372681220530?s=20